Anthony Zykov

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Ce que je reproche aux incubateurs français

Je n’ai pas un parcours académique, et je suis très critique envers une grande partie des incubateurs français. Pas par principe, mais parce que ce qu’ils proposent correspond rarement à ce dont un jeune fondateur a besoin en 2026 : des clients, rapidement, avec des moyens modestes.

Un accompagnement éloigné du terrain

Dans beaucoup d’incubateurs classiques, ceux qui accompagnent les fondateurs sont des dirigeants en costume-cravate. Ils ont souvent dirigé des ETI et réussi il y a trente ans. Leur expérience est réelle, mais elle a été acquise dans un autre contexte, avec d’autres moyens et d’autres règles.

Lancer une startup aujourd’hui, avec un budget serré, sans réseau, en étant jeune, c’est un exercice très différent. Pour bien conseiller, il faut le connaître de l’intérieur, l’avoir vécu récemment, et être capable de se mettre à la place de celui qui démarre. C’est ce qui manque le plus souvent.

Trop de levée de fonds, pas assez de clients

Le deuxième reproche découle du premier. On y parle beaucoup de levée de fonds, de valorisation, d’equity, de pitch devant des investisseurs. Ces sujets ont leur place, mais pas au début.

Au lancement, la seule question qui compte est : qui va acheter, et quand ? Une entreprise qui a des clients a déjà gagné l’essentiel. Une entreprise qui a levé des fonds sans clients a surtout gagné du temps, et des comptes à rendre à ses investisseurs.

Ce que je fais différemment

The Klub est né de ce constat. Nous accompagnons avant tout des fondateurs techniques qui ont un produit et doivent maintenant le vendre. Notre priorité est la même que la leur : des clients et du chiffre d’affaires.

Nous ne facturons pas de frais d’entrée. Nous sommes rémunérés par une commission sur le bénéfice généré auprès des nouveaux clients. Et nous pratiquons nous-mêmes ce que nous enseignons : la vente, le courtage, la mise en relation, sur le terrain, aujourd’hui.

Ce n’est pas un rejet du financement

Je ne dis pas qu’il ne faut jamais lever de fonds. Je dis qu’il y a un ordre. D’abord des clients. Ensuite une entreprise qui tourne. Puis, si la croissance le demande, le passage à l’échelle et éventuellement une levée. Inverser cet ordre est l’erreur que je vois le plus souvent, et c’est celle que beaucoup d’accompagnements encouragent.

En résumé

Un bon accompagnement se juge à une chose : est-ce qu’il aide le fondateur à vendre ? Le reste vient après.

Anthony Zykov est le président de The Klub, structure établie à Paris qui réunit un incubateur sans frais d'entrée, l'Ecosystem IA, le réseau et le courtage, et une société d'investissement. Son parcours · Questions fréquentes